Au fil des histoires…n° 6

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Cliquez sur →   Journal n°6  pour accéder à l’article original (PDF), texte d’ Yvonne Quarti, mise en page de Jean-Luc Erpelding

Les allées de Villemur

allees et pont

Les Allées Notre-Dame. Au fond à gauche, le pont

Fierté de notre cité, elles s’étirent depuis le pont suspendu jusqu’à la dernière maison au lieu-dit « Port Haut » sur une longueur de 800 mètres environ, bordées à leur entrée par de beaux platanes pour se prolonger par de majestueux marronniers offrant aux visiteurs un regard infini sur cette « canopée » de verdure ou de fleurs selon la saison.
La plantation de ces arbres remonterait autour de l’année 1875. A l’origine, une troisième rangée de marronniers longeait un ruisseau jouxtant les maisons, lesquels formaient avec leurs congénères d’en face une voûte du plus bel effet. Ils ont été arrachés dans les années 60 pour raison d’assainissement et changement d’électrification par l’entreprise BORJA père et fils, passant du voltage 110 au 220 ; les riverains recevant en cadeau pour cause de désagrément, soit un moulin électrique soit un fer à repasser.
Les allées elles-mêmes surplombaient un immense talus à usage en partie de décharge et descendant à la rivière.
Elles étaient le siège de beaucoup d’activités prospères. Deux fabriques existaient, la première, une briqueterie en aplomb du coteau (à l’emplacement actuel des maisons de Mrs EBERHARD et TEYSSEYRE), la deuxième, une poterie dans le quartier des huguenots (emplacements GALLO (Bois et charbons) et OURGAUT). Dans ce même quartier existait aussi, dans les années 60, le cinéma « Le Royal » tenu par Mr Jean-Marie FALBA (père de Mr André FALBA), et au niveau de l’ancien collège (Ecole Anatole France aujourd’hui) se dressait le cours complémentaire qui a vu le jour en 1959. Avant sa construction, le terrain servait de parking pour recevoir les jardinières et autres véhicules de locomotion les jours de foires et marchés.

ecole des allees

L’école des Allées
(aujourd’hui Institut Saint Exupéry)

Nombreux aussi étaient les petits écoliers qui empruntaient les allées pour rejoindre le groupe scolaire des écoles primaires inauguré en 1913 ( Institut Saint Exupéry aujourd’hui) et bien entendu l’indétrônable CAFE DES ALLEES mitoyen avec la gendarmerie nationale (aujourd’hui la Poste) construite en 1934 après un vaste plan d’aménagement de la ville suite aux inondations de 1930.
Au même moment, Mr Charles OURGAUT, alors maire de notre commune (1911-1936), a fait édi-fier un mur à arcatures, visible depuis le pont suspendu et flanqué de sa balustrade actuelle. L’ancienne murette que vous pouvez apercevoir sur la photo de droite, datant de 1902, a été trans-portée au quartier du Pech, rue Jules FERRY ; les allées ont été nivelées et la route goudronnée.

murette et pont

L’ancienne murette des allées et le pont suspendu

Toutes les balustres, à l’exception de celles de l’entrée du pont, ont été fabriquées artisanalement par un villemurien avec un moule en bois. Les escaliers de l’entrée des allées remplacèrent le chemin d’accès au Tarn qu’empruntaient entre autres les lavandières du pays.
Fin 1944, les allées Notre dame deviennent les allées Charles de Gaulle; elles demeurent chères aux villemuriens avec son boulodrome, sa longue promenade et ses nombreux bancs.
Après une grande période de dégradation due aux effets du temps qui passe, les allées retrouvent aujourd’hui une nouvelle jeunesse avec sa balustrade repeinte, le trottoir côté Tarn reconstruit, faisant disparaître l’ancien, borgne de ses dalles et une esplanade joliment réaménagée. Bien sûr, les voitures l’encombrent un peu mais comment faire autrement. Et comme l’a écrit Madame Nicole NOURRIT CROUZAT en 1992 dans son poème sur les allées :
« On aime à venir par les soirs d’été pour trouver la fraîcheur sous leurs ombres apaisantes.
Sur les bancs, en famille, on vient se délasser sous les grands marronniers jusqu’à la nuit tombante »

Yvonne QUARTI / AVH

Sources : photos AVH, infos sur la murette et les balustres Mr FONVIEILLE qui habitait sur les Allées à côté du café et mes souvenirs.

L’histoire racontée par Georges Labouysse

allees notre dame

Les Allées Notre-Dame

Ma grand-mère, qui était de Bondigoux, me racontait que lorsqu’une fille de son village devait se marier avec un garçon de Villemur, on la mettait en garde en lui disant :
« T’en vas dejos lo pont de Vilamur et crides plan fort : que valan los Vilamurians ? Et lo resson te respond : RES ! RES ! RES… »
« Tu vas sous le pont de Villemur et tu cries fort : que valent les Villemuriens ? Et l’écho te répond : RIEN ! RIEN ! RIEN…»

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