Au fil des histoires…n°2

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1.Les décharges publiques.

Dans le numéro précédent, nous avons parlé de la collecte des ordures ménagères dans les années 20 et de l’amélioration des systèmes de ramassage, le dernier en date est le tombereau tiré par l’âne de Mr GRÈZES, son âne servait également pour tirer le corbillard mais pour d’autres circonstances.
La question alors se pose : où stocker ces volumes collectés liés à une consommation des ménages sans cesse croissante ? Et que faire également de ces nouveaux emballages imputrescibles comme les boîtes de conserves, les plastiques et les bouteilles de verre ?
Jusque vers 1930, la solution adoptée est la décharge publique avec tous les inconvénients qui en découlent.
Pendant de longues années, le fossé de Bifranc au fond duquel coule « le Ruisseau » est LA décharge publique principale de Villemur. Juste après l’inondation de 1930, les gravats des maisons en ruine ainsi que les déchets collectés sont utilisés pour combler ce fossé, comblement que la Mairie n’avait que partiellement réalisé en 1912. Déjà en 1904, le conseil municipal élabore un projet d’aqueduc allant du pont Saint Jean jusqu’à la base du coteau mais il restera à l’état de projet.
(Délibération de Mai 1904 Feuillets 220 ID24).
Ces déchets sont vidés au pied du talus près de l’ex restaurant Blaise, le long de la rue de la Boucherie, à l’emplacement de l’actuel parking de Saint Jean.
Un autre lieu situé entre la rue de la Briquèterie et le coteau sert de décharge publique. Au cours des siècles, nos briquetiers et potiers ont extrait d’énormes quantités de terre à cet endroit et les tombereaux sont versés en bordure de cette énorme excavation. Après décomposition, la terre végétale obtenue est de médiocre valeur car constituée en grande partie de cendres inertes et stériles provenant de la combustion du charbon, combustible qui alimentait alors la quasi-totalité des appareils de cuisine et de chauffage.
Il faut alors chercher un autre site pour déposer les ordures et le bord du Tarn est choisi, à l’extrémité nord de la ville, d’abord au pied du cimetière sur l’emplacement actuel du parking puis au bout des allées en direction de Bondigoux.
Devant les nombreuses protestations des riverains gênés par la présence de ces matières nauséabondes et envahies par les rongeurs, cette solution est abandonnée.
Ils doivent se résigner à aller vider beaucoup plus loin le contenu des bennes, après Puntous, au Tap du roi. Le mulet ne suffisant plus à la tâche, un matériel moderne est acquis tandis que le nombre d’employés augmente.
Cette solution s’avère non satisfaisante. La falaise du haut de laquelle on précipite les immondices est défigurée. De temps à autre, les ordures brûlent en émettant des fumées noires à l’odeur désagréable. Les chiens et chats abandonnés visitent en permanence le dépotoir dans lequel les rats ont élu domicile. Les détritus glissent doucement jusqu’à la rive du Tarn et risquent de le polluer.
De nouveau, il faut trouver un autre lieu et on se dirige en direction du Terme sur la rive gauche vers une gravière au volume suffisant dans un site peu habité.
Pour faire face à une quantité toujours croissante des déchets domestiques de la ville, pour satisfaire les ruraux qui réclament le passage de la benne ramasseuse, pour se conformer aussi aux règles élémentaires de l’hygiène publique, le conseil municipal cherche une solution pour une destruction rationnelle et définitive des matières collectées.

Article rédigé d’après des écrits de Mr Marcel PEYRE

2. Hommage à un villemurien oublié : Mr Désiré BARBE

Cet authentique villemurien, né le 14 mars 1879, ancien commerçant drapier, est issu d’une vieille famille locale qui depuis 2 siècles participe à la vie publique (l’un de ses ancêtres, le Docteur BENECH, représenta Villemur et Fronton à la Convention de 1792).
Dès l’année 1907, Mr BARBE déploie une grande activité dans la vie communale où il fut élu au poste de conseiller municipal puis maire de notre commune de 1938 à 1944. Cette dernière année sera pour lui la consécration de son dévouement et de son courage, ce qui mérite d’être souligné.
Alors que plusieurs jeunes, dont Mr Jean LARROQUE, les frères CRAYSSAC, Mr Edouard TONIATTI, Mr Jacques AUSSAL, Mr SIRVIN et Mr PÈRE, bien connus des Villemuriens, se baignent dans le Tarn, ils sont aperçus par des SS qui recherchent des maquisards. Les jeunes gens alertés par les coups de fusils s’enfuient effrayés vers la maison du pharmacien Mr TERRANCLE qui les accueille aussitôt. Les allemands se mettent à leur poursuite, fouillent les maisons et finissent par les découvrir dans la pharmacie. Les jeunes gens sont emmenés jusqu’à la place de la mairie et alignés pour y être fusillés. C’est à ce moment-là que monsieur Désiré Barbe, appelé aussitôt par un villemurien, intervient auprès de l’officier allemand et l’assure qu’il connaît bien ces jeunes gens travaillant tous à Villemur, et offre sa vie à genoux pour leur liberté. L’officier allemand, ayant du respect pour la fonction de bourgmestre dans son pays, prend la décision suivante : « Je compte jusqu’à 10 et au terme, ceux qui seront encore visibles seront fusillés. » Aussitôt dit, les jeunes gens et le maire prennent la fuite, on imagine avec quelle rapidité, et tous ont été sauvés.
Monsieur BARBE, déjà distingué de La Croix de Guerre, de La Croix des combattants, des Palmes Académiques, a été décoré en 1951 de la Légion d’Honneur.
Il s’éteignit dans notre cité le 23 février 1962. Une rue lui a été dédiée au lotissement de la Plaine à Magnanac.

Yvonne QUARTI

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