Au fil des histoires…n° 3

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1. La fête de la Saint-Michel

rosace

Rosace de l’église Saint-Michel

A Villemur, l’église, dédiée à l’Archange Saint-Michel,¹ est mentionnée dès 1124 lors d’une donation faite par Pons et Pierre Ramès, à Hugues II, abbé de Saint-Théodard de Montauban selon un recueil des copies d’actes de ce monastère. L’ église actuelle dont la première pierre a été posée en 1857, est la quatrième dédiée à Saint-Michel, érigée au même endroit. (Voir le vitrail du Maître-verrierDominique RIGAUD et les peintures de Bernard BENEZET dans l’église Saint Michel)
Quelques arguments avancés en faveur de la date du 29 septembre : tout d’abord Saint-Michel est le Saint Patron des Normands, des normands qui débutent la conquête de l’Angleterre le 28 Septembre 1066 en débarquant sur les côtes anglaises, près de la localité de Hastings (voir la célèbre bataille d’Hastings) et envahissent le pays le 29 septembre ; ensuite c’est Charlemagne qui fixe sa fête au 29 Septembre et inscrit sur son drapeau « Voici Michel qui m’a secouru ».
Jadis en France le 29 septembre était la date à laquelle les fermiers et métayers payaient leurs fermages après la récolte. La Saint-Michel était déjà une fête importante au Moyen-Âge. Fête profane, elle incarnait la date traditionnelle d’expiration des baux ruraux d’où l’expression :
« A la Saint-Michel tout le monde déménage »
Les foires de la Saint-Michel accompagnées de festivités étaient nombreuses à cette époque.
Cette tradition se perpétue de nos jours.

A VILLEMUR au début du XXème siècle

Les villemuriens attendaient avec impatience cette fête foraine très populaire qui se tenait le jour de la Saint-Michel et qui rassemblait toute la population.

(une des seules distractions de l’année que tous appréciaient en se retrouvant pour faire la fête et distraire les enfants avec les chevaux de bois, balançoires et autres jeux) sur la place de la mairie le comité des fêtes et foires, aidé par les cantonniers (employés municipaux), montait deux très beaux kiosques en bois. L’un au centre de la place ou jouait un orchestre de variétés ; les danseurs suivaient le rythme de la mazurka ou du paso-doble en tournant autour des musiciens. L’autre kiosque plus petit construit sur le côté de la place, permettait à l’harmonie villemurienne de jouer pendant l’heure de l’apéritif à la terrasse du café Léonard qui était attenant à la mairie.

manège

Manège de chevaux de bois

Pendant que les familles attablées parlaient des travaux des champs, de la pluie et du beau temps, les enfants couraient en jouant à cache-cache au milieu des danseurs. Et tous profitaient des nombreuses attractions présentées aux Villemuriens.
Les manèges tournaient inlassablement au rythme des rengaines égrenées par un limonaire ; les chevaux de bois tournaient, emportés dans un vol rapide chevauchés par les enfants. Des vélocipèdes roulaient en cercle ; les bateaux montaient et descendaient donnant l’impression d’être sur une mer démontée. La joie était à son comble pour l’enfant qui avait attrapé le pompon.
Près des manèges, les enfants regardaient avec convoitise les confiseries exposées à leur intention.
Il y avait aussi les lutteurs, nus jusqu’à la ceinture, des saltimbanques, les diseuses de bonne aventure, les cracheurs de feu, l’avaleur de sabre, le ventriloque, les escamoteurs (pickpockets), les tireuses de cartes, toute la confrérie de bohème lançait des appels variés et paradait de leur mieux suivant une cavalcade de chars construits à l’initiative de Monsieur CAZAUX et de nombreux bénévoles.
Il y avait des réjouissances pour tous les goûts et des spectacles de rues attiraient souvent une foule où se mêlaient toutes les classes de la société villemurienne dans une bonne humeur générale.

Yvonne QUARTI

statue saint michel

Villemur : statue de Saint-Michel dans l’église.
(photo Yvan Godefroy)

¹ SAINT-MICHEL est un nom inspiré de Saint-Michel l’archange dans la religion chrétienne. Saint-Michel est le protecteur du royaume de France.
Geneviève Esquier dans son livre « Ceux qui croyaient au ciel » rappelle que plus de 500 communes françaises portent le nom du chef des milices Célestes.
Elle mentionne que si Jésus-Christ est le vrai roi de France et que Marie depuis 1638 en est la reine suite au vœu du roi Louis XIII, il est naturel que Saint-Michel soit le protecteur du pays. C’est lui qui marche au devant du peuple élu dans le désert, et qui est aussi chargé de protéger l’Eglise naissante après l’ascension du christ.
Sa première intervention dans l’histoire de France date du VIIIe siècle quand, en 708, il apparaît à Saint-Aubert et lui demande que lui soit dédiée une église sur le mont Tombe. C’est l’origine de l’abbaye qui fût rebaptisée « Mont Saint-Michel » et où, de Charles Martel à Louis XV, tous les rois de France ont fait pèlerinage pendant leur règne. C’est d’ailleurs en tant que Pèlerin de Saint-Michel que Charles Martel remportera sa victoire. Charlemagne fera reconnaître officiellement un peu plus tard le culte de Saint-Michel et célébrer sa fête le 29 septembre dans tous les états de son Empire. Quant au sanctuaire que nous appelons « La Merveille » c’est Philippe Auguste qui le fît élever au point culminant du Mont pour l’Archange. Saint-Louis y vint chercher le secours du Prince céleste avant de partir en Terre Sainte et tous les étendards des armées françaises jusqu’à Jeanne d’Arc, portent les armes de Michel.»

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