La crue du 3 mars 1930 et l’entre-deux-guerres

Commentaires fermés sur La crue du 3 mars 1930 et l’entre-deux-guerres Villemur, ville d'histoire

L’inondation

villemur vu avion

Villemur vu d’avion au lendemain de l’inondation.

Douze ans après la fin de la guerre, un autre cataclysme va s’abattre sur la ville. Après un hiver pluvieux et des sols gorgés d’eau, un véritable déluge s’abat les premiers jours de mars sur la Montagne Noire et le bassin du Tarn. La conjonction des flots du Tarn et de son affluent l’Agoût, provoque une déferlante qui emporte tout sur son passage.

A Villemur où l’alerte est donnée le 2 mars au soir, on relèvera le lendemain une élévation de 18 mètres du niveau des eaux par rapport à l’étiage. Le pont est emporté, des dizaines de maisons s’écroulent, et malgré les actes héroïques de bien des habitants, on déplorera six victimes dans le quartier Saint-Jean.

La campagne environnante est sous les eaux, le préjudice est énorme chez tous les agriculteurs de la plaine. Les flots en furie sèmeront désastre et victimes chez nos voisins tarn-et-garonnais en particulier Reyniès, Montauban et Moissac.

 

 

La reconstruction

pose pierre mairie

Charles Ourgaut pose la première pierre de la nouvelle mairie.

Devant l’ampleur de ce désastre, la solidarité nationale va jouer un grand rôle, la tâche étant immense. Les secours vont affluer de toute part, même de l’étranger. Le 8 mars la ville reçoit la visite du Président de la République Gaston Doumergue accompagné du Président du Conseil André Tardieu.

Le maire Charles Ourgaut, va faire jouer ses réseaux et solliciter son homologue et ami le très influent Edouard Herriot, maire de Lyon,  membre comme lui du parti radical. Dans la décennie qui suit, la ville est un vaste chantier. Rétablir la salubrité, reconstruire les quartiers détruits, remettre en service un pont sur le Tarn sont les priorités.Mais Charles Ourgaut voit plus loin pour sa ville. Bientôt surgissent de terre une nouvelle mairie, des murs de soutènement le long des berges du Tarn, et sur la rive gauche un jardin public et son kiosque, un parc des sports avec un stade vélodrome, piscine et bains-douches, infrastructures qui vont faire des envieux dans le département.
Villemur se relève de ses ruines, toute tournée vers l’avenir, dont ne profitera pas Charles Ourgaut qui décède le 12 février 1936.

La vie dans l’entre-deux-guerres

Ces événements tragiques de mars 1930 furent sans aucun doute le fait majeur de l’entre-deux-guerres à Villemur. Mais comment passer sous silence d’autres faits importants. Comme toute la France, Villemur est touchée par des mouvements sociaux dans les années 1920-23 à l’usine Brusson – déjà en grève en 1917- mais aussi à la scierie Sabatié. Malgré cela Brusson reprendra sa marche en avant en termes de production. L’agriculture a du mal à se relever des dommages de la guerre, et c’est tout un pan de l’économie française qui souffre. Avec l’apparition de la mécanisation, des coopératives, de l’enseignement agricole, ce secteur va relever la tête dans le villemurois.

immigres italiens a saint jean

Quartier Saint-Jean à Villemur en 1930, immigrés italiens participant aux travaux de déblaiement après les inondations.

 

 

L’arrivée des immigrants espagnols ne sera pas étrangère à ce renouveau, venant compenser la saignée occasionnée par la guerre dans les rangs des agriculteurs. Un autre courant migratoire venant d’Italie au milieu des années 1930 amènera également une main d’œuvre importante dans le secteur agricole. À Villemur des ouvriers italiens participeront à la reconstruction de la ville après les inondations et s’implanteront par la suite dans la région. Enfin, à une époque où on ne parlait peu de tourisme, hormis nos montagnes et bords de mer, Villemur était une destination prisée dans la région pour les associations professionnelles politiques ou sportives. Les événements de 1930 mirent un frein temporaire à ces manifestations qui repartirent de plus belle dans les années précédant la guerre.

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