La vie du pont ne tient qu’à un fil

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La vie du pont ne tient qu’à un fil

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Face au danger de céder, certaines pièces métalliques du pont seront changées. Un gros chantier qui oblige une longue et contraignante fermeture. / Photo DDM R Larroque

Dire que marcher aujourd’hui sur le pont de Villemur est à ses risques et périls serait mentir. Pour autant, la santé du vieil édifice est plus que préoccupante… Pour la première fois depuis sa construction en 1930, lancée après la destruction du précédent pont emporté par une crue, l’ouvrage qui enjambe le Tarn est bel et bien devenu dangereux. Il menace même à tout moment de s’écrouler si le trafic continue à se faire comme à ce jour.
En charge de ces édifices, le conseil départemental a donc pris des mesures. Le 20 novembre, il sera fermé la nuit à la circulation. Une semaine plus tard, dès le 27 novembre, il le sera toute la journée. La situation est assez grave pour que les services départementaux en charge de la voirie aient pris cette décision. «On est en effet devant un vrai problème. Le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema) a rendu un rapport et recommande un certain nombre de travaux. Il s’agit de changer des blocs en aciers qui tiennent les câbles porteurs et les suspentes.
Et, c’est vrai, cela peut lâcher à tous moments, selon eux, notamment avec l’arrivée du froid. En dessous de 5 °C, il y a une fragilisation accentuée de ces vieilles pièces, une usure contre laquelle on ne peut rien malgré les nombreuses interventions que l’on fait en amont», explique Grégori Mayeur, directeur de la voirie départementale. Et d’expliquer : «c’est pour ces raisons que, tous les cinq ou dix ans, nous entretenons, et rénovons aussi, tous les ponts sur les rivières».

Une seule entrée de ville

Le chantier devra cependant attendre le début de l’année pour être exécuté, là encore, en raison des températures hivernales. La réouverture du pont n’interviendra qu’au mois de mars, ou au plus tard, en avril. D’ici là, les véhicules légers devront emprunter l’autre pont Boudy et le pont de la Magdeleine-sur-Tarn pour traverser le fleuve. Ce qui n’est pas sans causer quelques désagréments dont personne n’est responsable mais qui tombent plutôt mal.
Le maire de la commune, Jean-Marc Dumoulin ne le cache pas : «cette histoire de pont arrive juste avant les fêtes, ce n’est pas bon pour nous. Nous avons des manifestations prévues qui pâtiront de cela. Il faut reconnaître aussi qu’à une époque difficile, où nous essayons de redynamiser le centre-ville, ce n’est pas une chance.
Nous avons déjà organisé des réunions avec les commerçants qui sont inquiets. Quant à la circulation, avec une seule entrée de ville, elle risque d’être un peu tendue…» Entre 300 000 et 400 000 euros de travaux seront nécessaires pour arranger le pont, qui pourrait aussi subir quelques modifications sur son tablier. Le maire a proposé de créer des espaces pour les modes de déplacements doux, propositions pas encore validées mais qui seront étudiées par les services de la voirie.

Emmanuel Haillot ( « La Dépêche du Midi »)

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