Menaces sur les “cheveux d’ange” (1)

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Au mois de septembre dernier, reprenant les informations de “La Dépêche du Midi” nous nous faisions écho du “sauvetage” des célèbres pâtes créées à Villemur par Brusson Jeune, et du transfert de leur fabrication dans la commune voisine de Bessières.

Hélas l’actualité récente fait craindre le pire sur le devenir de l’unité de production des célèbres pâtes.

Nous reproduisons ci-dessous l’article d’Emmanuel Haillot dans la Dépêche du Midi du 18 mai 2018.

Usine des pâtes Cheveux d’Ange :

la direction change les clefs, démonte les machines et disparaît…

interdiction acces site

Les ouvriers interdits d’accès au site. Photo E.H

La consternation et la colère ! Voilà ce qui traduit le mieux, depuis jeudi, le sentiment des salariés de l’entreprise espagnole Brussanges.
Installée à Bessières, cette société qui fabrique les très célèbres Cheveux d’Anges, distribués par Panzani, vient tout simplement de fermer la porte à ses quatre employés.
Au sens propre du terme puisqu’en arrivant pour prendre le travail jeudi, ces ouvriers qui avaient permis de remonter la société après l’incendie de 2015, ont tout simplement trouvé toutes les serrures changées. Mieux, ce vendredi, en essayant à nouveau d’intégrer les locaux, ils ont découvert qu’une solide chaîne avait été installée sur le portail d’entrée au site. Ce vendredi, les salariés, interdits d’accés au site, ont attendu en vain un signe de leur direction.

 

 

La moitié des machines ont disparu

Entre temps, un des salariés a pu revenir sur les lieux mais sa surprise a été de taille en pénétrant son espace de travail: «la moitié des machines ont été démontées ou ont disparu ! Je n’y croyais pas. On a l’impression que tout s’effondre. Et surtout aucune communication de notre direction.»
Le sentiment de «trahison» est partagé par la responsable d’équipe Chantal Lacroix : «J’ai croisé notre directrice espagnole qui m’a juste dit que c’était pour des raisons de sécurité. Depuis plus rien. On a du mal à y croire. Surtout en voyant la presse, cette machine fabriquée à Villemur, qui est à elle seule le secret de fabrication des Cheveux d’Ange, complètement démontée et mise sur des palettes.» La presse a été démontée.

presse demontee

La presse a été démontée. Photo archives DDM / E.H

Constat d’huissier, direction muette…

Devant les grilles, à leur côté, le maire de la ville et conseiller département Jean-Luc Raysséguier ne décolère pas. Aux côtés de l’ancien conseiller général Denis Parise, il avait réussi à installer Brussanges dans ces locaux après l’incendie des anciens établissements Brusson où ils étaient logés.
Il confie: «Si tout se confirme, on est dans le profil des patrons voyous ! Ils s’assoient sur le respect de l’humain. Et c’est tout un savoir-faire qui disparaît. Nous sommes avec les employés pour tenter de trouver une issue. Les bras m’en tombent.» Sur place, les gendarmes ont déjà réalisé une enquête de proximité. Un huissier est venu constater les faits. Un avocat s’est emparé de l’affaire et devrait rencontrer des dirigeants la semaine prochaine.
Contactée par nos soins, la direction n’a pas donné suite à nos appels.

Les fantômes de Molex

Le Cheveux d’Ange dont tous croyaient qu’ils avaient fini de boire le bouillon , auraient ils survécus avec fierté pour mourir de la sorte ? On n’ose y croire… Sans compter leurs heures, ni ménager leurs forces, les salariés alors au nombre de huit, avaient eux même réussi à perpétuer ce patrimoine culinaire. 14 tonnes étaient produites tous les mois.
Pour toute récompense, les voilà jetés hors de leur entreprise. Cette histoire n’est pas sans rappeler le triste épisode Molex. En 2009, l’entreprise de connectique avait mis à la porte ses 288 salariés alors qu’elle dégageait des bénéfices.
Là aussi, le savoir-faire avait été volé. Si le temps et les salariés passent, les mauvaises manières, en revanche, semblent avoir la vie dure.

Article paru sur le site → http://os.villemur.over-blog.org/ Merci à Marie-Gabrielle Gimenez

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