Paulette Chalanda

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Paulette CHALANDA

1923-1985

dedicace paulette deux

Dédicace de Paulette Chalanda

Quoi de plus normal, aujourd’hui 8 mars, en cette journée Internationale de la Femme, de mettre à l’honneur Paulette Chalanda que sans doute, peu d’entre vous connaissent. Rêver d’être chanteuse d’opéra dans les années 1930 n’était sûrement pas chose facile. C’est pourtant ce qu’a réalisé une de nos concitoyennes, Paulette Chalanda.

À Villemur, le nom de Chalanda évoque avant tout André, le cordonnier de la rue Saint-Jean pendant des décennies. Malgré un handicap de parole, c’était un homme affable et chaleureux qui paradoxalement, adorait dialoguer avec clients et amis.
Ce patronyme évoque également celui de sa mère Gabrielle, que des générations d’enfants ont adoré. Dans les années 1930-40, elle assistait l’institutrice de l’époque Madame Timbal. Je l’ai connue plus tard, dans les années 1950. Elle était en effet notre deuxième maman à l’école maternelle dirigée par Lucette Castanet . Habillée comme les grand-mères de l’époque elle avait conservé les habits d’antan, jupon long et tablier qui ont séché bien des larmes de nos petits chagrins.
Enfin, celle dont nous rappelons la mémoire aujourd’hui,  Paulette Chalanda, cousine germaine d’André le cordonnier.
Si elle est née à Villemur le 30 avril 1923, son père Raymond est, à cette époque-là,  gendarme à Bourg-de-Visa dans le Tarn-et-Garonne. Après avoir servi dans l’artillerie pendant la Grande Guerre, il est rentré à l’école de Gendarmerie de Paris puis de la 17e Légion de Toulouse.
Jeune fille, elle habite à Villemur, place du Souvenir, et montre très tôt des dispositions pour le chant.
Il faut dire que dans la famille Chalanda, il y avait déjà deux artistes.

odette , polka

Odette , polka par Jacques Chalanda

odette dedicace a simone

Odette Chalanda, dédicace à sa cousine Simone Roques.

Le grand-oncle Jacques Chalanda, né en 1870, doué pour la musique, perfectionne sa passion à l’armée. Il est déjà soldat-musicien en 1891 à Toulouse, puis promu sous-chef de musique au 22e d’Infanterie. Il en profite pour suivre les cours du Conservatoire, obtient un premier prix de flûte, et en 1895, il est admis à enseigner cet instrument dans ce lieu prestigieux. Continuant sa carrière dans l’armée il exerce toujours les fonctions de sous-chef de musique au 11e régiment d’infanterie de Montauban en 1903.
Sa fille Odette prendra elle aussi le chemin du Conservatoire de Toulouse, rue Labéda, où elle rafle tous les prix de piano. Elle deviendra plus tard une concertiste émérite dans la décennie 1920-1930, écumant toutes les scènes de France et de Navarre et participant même à des émissions de radio, alors la T.S.F.

 

On peut tout à fait admettre que cette filiation a influencé fortement la petite Paulette. Odette Chalanda est-elle intervenue dans la carrière de Paulette ? Les éléments nous manquent pour répondre à cette question. Mais on peut penser qu’elle a joué un rôle non négligeable, étant elle-même dans le « milieu » de la musique.

conservatoire paris

Conservatoire 14 rue de Madrid à Paris

Un autre événement va jouer un rôle capital dans sa carrière. Son père Raymond promu maréchal des Logis chef,  est affecté à la Légion de Gendarmerie de Paris. C’est donc dans la capitale que Paulette va poursuivre ses études et intégrer le Conservatoire de la rue de Madrid. La famille Chalanda va dès lors se fixer à Paris.

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Paulette Chalanda au début de sa carrière en 1949

Sa voix de soprano est bien vite remarquée, mais elle débute vraiment sa carrière le 19 octobre 1952 à Opéra Garnier à Paris dans la première mémorable de l’opéra baroque «Les indes galantes» de Rameau. dans le rôle de Cupidon. Quelques jours plus tard, elle est Mimi dans La Bohème de Puccini à l’Opéra-Comique.
Dans les années suivantes et jusqu’en 1966, elle reprend dans ces deux grands opéras de Paris une variété de rôles colorés, dont les héroïnes de Roméo et Juliette de Gounod, Thaïs de Massenet, et la Flûte enchantée de Mozart, la Violetta de La Traviata de Verdi, Leila dans “Les Pêcheurs de perles” de Bizet, la Mireille dans les opéras de Gounod et Massenet et la Sophie dans le “Rosenkavalier” de Richard Strauss.
En 1962, elle participe à l’Opéra-Comique à la première de l’opéra «Princesse Pauline» d’Henri Tomasi.

paulette chalanda dedicace

Paulette Chalanda de l’Opéra, dédicace.

En plus des scènes de la capitale, elle a donné des représentations dans la plupart des théâtres de province tels que Marseille, Toulouse et Bordeaux, et en 1954 au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles.
On suivait sa carrière de près à Villemur à tel point qu’à la fin des années 1950, ses admirateurs villemuriens, louèrent un autobus pour aller l’écouter lors d’un de ses passages au théâtre du Capitole de Toulouse. Eh oui ! Paulette avait ses groupies ou son fan club dirait-on aujourd’hui !
À cette époque, il est vrai que les chanteurs de variétés n’étaient pas légion, et les belles voix avaient de chauds partisans. Opéras et opérettes faisaient recette, et le Capitole était (et reste) un des hauts lieux du « bel canto » et de l’art lyrique.

Sur le tard, elle s’est consacrée à l’éducation du chant après avoir été, tout au long de sa carrière, une soprano de concert respectée. Paulette Chalanda avait élu domicile dans l’Essonne, à Sainte-Geneviève-des-Bois, elle est décédée à Paris, hôpital Saint-Antoine,  le 19 mai 1985, âgée seulement de 62 ans.

Ses principaux rôles

«Les indes galantes» de Rameau Opéra Garnier 7/10/1952 15/10/1954 21 janvier 1961 1962, 1963, 1964 et 1965

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Henri Bohrer et Paulette Chalanda dans “Manon”

 Mimi dans «La Bohème» de Puccini à l’Opéra-Comique 25/10/1952
«L’Aiglon» d’Edmond Rostand, musique d’ Arthur Honegger et Jacques Ibert (Comtesse de Camerata, 1952
«La flûte enchantée» de Mozart 1956
«Roméo et Juliette» de Gounod 1956 09 octobre 1963 et en 1964 ; Avignon 3/2/1968

«Thaïs» de Massenet, 1956
«Le Martyre de San Sébastien» , musique de Debussy (Anina Sébastiani, la vierge Erigone), en 1957,
Le Chevalier à la Rose “Rosenkavalier” de Richard Strauss (Sophie). en 1957,

«La Traviata» de Verdi, Violetta 1957, le 02 janvier 1961 et en 1962, 1963 et 1965 ;
«Pan et la Syrinx» à l’Opéra Comique en 1961
«Princesse Pauline» Opéra-mascarade Création à l’Opéra-Comique le 22 juin 1962, mise en scène de Robert Manuel, Mady Mesplé (Pauline Borghèse), Paulette Chalanda (Sidonie),

«Les Contes d’ Hoffmann», de Jacques Offenbach (Antonia) le 3 septembre 1966.
“Les Pêcheurs de perles” (Leila) de Bizet
La Mireille dans les opéras de Gounod et Massenet

magazines paulette

Paulette Chalanda fit la une des magazines de musique, années 1950 à 1966.

« Je dédie cet article à ma maman Josette, à Rolande, et à toutes celles et à tous ceux pour qui Paulette Chalanda fut un rayon de soleil. »

Sources :

Remerciements à Pierre Villa pour sa documentation. Pierre avait recueilli il y a quelques années les souvenirs de Rolande Delpech (Sajus). Egalement merci à Guy Vignals pour sa contribution.

http://hosting.operissimo.com/triboni/exec?method=com.operissimo.artist.webDisplay&id=ffcyoieagxaaaaabalxf&xsl=webDisplay&searchStr=
https://www.lesarchivesduspectacle.net/?IDX_Personne=168481
Etat-civil de Villemur-sur-Tarn 1923.

JCF / AVH / mars 2018

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