Jean-Louis CAILHASSOU

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monument cailhassou

Le colonel Jean-Louis Cailhassou ( 1770-1861)

On trouve trace des Cailhassou à Villemur dès la fin du XVIe siècle,  dont les origines  sont  au Born pour une branche, et peut-être à Bondigoux pour l’autre. Les ancêtres de Jean-Louis Cailhassou viennent d’un milieu aisé, son père était négociant, son grand-père était qualifié de “bourgeois”,  Jean CAILHASSOU, son arrière grand-père était avocat au Parlement de Toulouse et premier consul de Villemur.

rue cailhassou

rue colonel Cailhassou, anciennement rue Cambon

Jean-Louis est né à Villemur le 2 février 1770, dans une famille bourgeoise, fils de Jean Pierre Alexis négociant et de Charlotte Victoire DUCROS originaire de Montauban. Les riverains de la rue Cambon qui l’a vu naître étaient pour beaucoup  des bourgeois, et des personnes haut placées dans la société villemurienne. Aujourd’hui, dans la rue désormais du colonel Cailhassou, quelques belles façades de brique rouge témoignent encore de la richesse passée.

Il embrasse très tôt la carrière militaire, à 22 ans, en 1792, il est capitaine du 15e Bataillon des Volontaires, fait les campagnes de l’armée du Nord (1792-93) , est prisonnier des Autrichiens à la bataille du Quesnoy le 12 septembre 1793, et ne rentrera en France que le 28 octobre 1797. Il poursuit sa carrière dans l’armée du Rhin, reçoit un coup de feu à la cuisse à la bataille de Manheim le 22 août 1799, puis à peine cicatrisé, part rejoindre le général BRUNE en Hollande, participe à la victoire de Bergen.

caldiero

Bataille de Caldiero

En 1800 il est avec le général MOREAU en réserve à Engen, et participe à la prise de Moesskirch. Il passe ensuite à l’armée d’Italie commandée par MASSÉNA, et le 30 octobre 1805, CAILHASSOU est atteint d’un coup de lance à la poitrine à la bataille de Caldiero où les autrichiens sont écrasés.  Puis il passe à l’armée de Naples 1806-09,obtenant le grade de chef de bataillon du 10e régiment d’infanterie de ligne le 27 octobre 1808. En Calabre avec le Général REYNIER, il reçoit l’Ordre du Royaume des Deux-Siciles, décoré par le maréchal MURAT.

Les besoins croissants  en soldats combattants,  poussent Napoléon, le 24 janvier 1811, à décréter la création de trois nouveaux régiments d’infanterie composés de réfractaires. Le régiment pénal de l’île de Ré, est ainsi créé, composé de conscrits réfractaires en dépôt à la forteresse  de Saint-Martin-de-Ré.

soldat de Ré

Régiment de l’ île de Ré

Dans ce régiment, ces réfractaires casernés sans discontinuer à Saint-Martin-de-Ré depuis 1803 y ont côtoyé à partir de la même année 1805 environ les déserteurs du 3e bataillon colonial stationné à l’île de Ré. Le 8 avril 1811, Jean-Louis Cailhassou écrit à Joachim MURAT le roi de Naples : « J’ai l’honneur de vous accuser réception de votre lettre en date du 18 mars dernier, par laquelle vous m’annoncez que Sa Majesté l’Empereur, par décret du 3 mars du même mois m’a nommé au grade de major dans le régiment de I’Isle de Ré. Je m’empresse de vous informer que je partirai demain 9 avril pour me rendre à mon nouveau poste.» Dans le courant du moi de mai, Jean-Louis CAILHASSOU, nouveau major, accoste sur l’île où il inculque à des recrues peu enthousiastes l’art de la manœuvre militaire et l’amour de la Patrie. En décembre 1811 les déserteurs et réfractaires de l’île de Ré sont 12 000. En avril 1812, le major CAILHASSOU quitte l’île de Ré pour Berlin avec le régiment pénal de l’Isle de Ré qui deviendra le 132e régiment de ligne, formé de 4 bataillons et 3 batteries à pied. La couleur des parements et des revers est bleue avec liserés jaunes pour différencier les réfractaires.

Ces hommes se distingueront pendant la campagne de Russie dans le IIIe corps d’armée du Maréchal DAVOUT. Le 13 décembre 1812,  deux jours durant,  le 132e de ligne défendra vaillamment le pont de Wolkovski face à l’assaut de 33 000 russes. Le 22 janvier 1813 le major CAILHASSOU arrivera à Varsovie avec les rescapés du 132e de ligne. Les soldats ont marché pendant 470 km par un froid implacable laissant la moitié de leurs camarades ensevelis sous les glaces.

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Bataille de Dennewitz

Désormais à la Grande Armée, Il est nommé colonel du 132e puis commande le 22e de ligne pendant le blocus de Mayence, (3 janvier – 4 mai 1814)  Il y soigne une blessure contractée à la bataille de Dennewitz (ou Juterbock) le 6 septembre 1813 sous les ordres du Maréchal NEY, et reçoit les insignes d’officier de la Légion d’Honneur le 12 octobre 1813.  Le 7 mai 1815, il est promu Chevalier de l’Ordre royal et militaire de Saint-Louis par le roi … quelques jours  avant le retour de Napoléon de l’île d’Elbe. Il passe ensuite à la tête du 26e de ligne, puis du 14e régiment d’infanterie légère le 29 mai 1815, affecté à l’Armée du Var sous les ordres du Maréchal BRUNE. Mis en non activité le 15 février 1816, il est retraité par ordonnance du 31 juillet 1822.

 Après la révolution des “Trois Glorieuses “, qui chasse Charles X remplacé par Louis-Philippe, il est désigné chef de la 13e légion de gendarmerie à Toulouse le 12 septembre 1830, il en assurera le commandement jusqu’en 1835. Enfin, il est admis enfin à faire valoir ses droits à le retraite le 11 septembre 1835.

Après une carrière militaire bien remplie,  43 ans de bons et loyaux services à servir la Patrie, Jean-Louis CAILHASSOU va se consacrer à la vie publique et se lance dans la politique. Il est nommé maire de Toulouse sous Napoléon III, par arrêté préfectoral du 24 juin 1852, installé le 25 juin 1852, confirmé dans la fonction par décret impérial du 8 juillet 1852, installé le 31 juillet 1852 jusqu’au premier septembre 1855. Il décédera à Toulouse, au n° 2 de la rue d’Astorg le 25 août 1861 âgé de 91 ans. Il a également été conseiller général du canton de Saint-Martory entre 1852 et 1855. Commandeur de la Légion d’Honneur par décret du 18 octobre 1852, titulaire de la Médaille de Sainte-Hélène.

Sur son cénotaphe, au cimetière de Villemur, sont gravées  les inscriptions suivantes :

monument cailhassou

cénotaphe du colonel Cailhassou

Jean-Louis CAILHASSOU
Né à VILLEMUR
Volontaire de 1792
Services et campagnes 56 ans
d’Infanterie
Colonel de Gendarmerie
de la garde nationale de Toulouse
Commandeur de la Légion d’Honneur 18/10/1852
Chevalier de l’Ordre royal et militaire de St-Louis 7/3/1815
Chevalier de l’Ordre royal des deux Siciles
décoré par Murat le 2/2/1811
Décoré de la Médaille de Sainte-Hélène
Blessé de deux coups de lance à la poitrine
et de trois coups de feu
Maire de la Ville de TOULOUSE
Membre du Conseil Général de la Haute-Garonne
Et du conseil municipal Toulouse
Président de la société philanthropique de St MARTIN
Décédé le 25 août 1861


Sources :   Révolution, Empire et mauvais soldats, Marc Lebrun. – Base Léonore, Ministère de la culture, Archives Nationales.http://www.letisserand-de-sayrac.com/ – forum.napoleon1er.org/viewtopic – http://ameliefr.club.fr/ile-de-re.html] –
Citoyens officiers de Napoléon, Marie-Hélène Legrand.

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